Street Art au palais Bénédictine

En bons touristes paumés à Fécamp, mon frère et moi, on se fie aux guides touristiques conçus par de terribles fabulateurs qui arriveraient à te faire croire qu’il y a des trucs cools à visiter à Limoges.

Bref, on choisit le Palais Bénédictine  car il est référencé comme un édifice illustre crée par Alexandre Prosper Le Grand qui aurait fait fortune en inventant et en commercialisant une liqueur : la Bénédictine.

Or, mis à part la beauté extérieure du monument et l’excellent jus de pamplemousse premier prix qu’on te sert à la fin, au moment de la dégustation de la liqueur que tu ne peux pas boire, la visite n’a d’intérêt que pour les passionnés de techniques de fermentation des alcools. Ne me lisez pas comme ça, il y avait même un touriste allemand qui comparait la taille des tonneaux avec son fils quand nous étions dans l’espace de fabrication sous-terrain.

Des digressions symptomatiques de mon babil, j’implore l’artiste et les lecteurs d’un pardon sincère. L’essentiel c’est mon coup de cœur du moment.

Et c’est au détour de cette visite au Palais Bénédictine, que j’ai découvert l’exposition du talentueux Dan 23. Nous parisiens, commençons à nous habituer à la nouvelle mode du Street Art. Exposition sur le Pressionnisme à la Pinacothèque, « Hip Hop du Bronx aux pays arabes » à l’IMA : Le Street Art est reconnu comme un véhicule d’expression artistique intemporel et universel. N’en déplaise aux derniers abrutis qui continuent d’associer Rap à racailles et Graff à action anarchique et gratuite.

Mode ou pas, j’ai découvert des œuvres absolument époustouflantes. Suspendues aux murs de l’espace épuré : des visages marqués par la douleur sont peints sur des cartes scolaires. Chacun semble représenter un peuple, une culture, une résistance à un ordre mondial. Et chacun transperce de son humanité des cartes représentant un savoir figé, académique, une histoire impersonnelle. Je me souviens encore lorsqu’on traçait des flèches sur les cartes pour représenter des flux migratoires, qu’on pigmentait des zones géographiques pour identifier les espaces touchés par la famine. Nous observions des phénomènes, nous faisions des statistiques mais les peuples ne sont pas des flèches, des points, ou des étoiles. Ces œuvres sont un bel hommage aux multiples visages de l’Humanité qui ne se dénombrent pas.

Page facebook de l’artiste

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