Tu m’aimes en Dieu, ou tu m’aimes tout court?

Je t’aime tout court. Mais genre tellement. Le soir, je retiens quelques minutes mon souffle pour m’emplir d’une douleur, me la faire familière et me désemplir un peu de toi. Le monde entier pourrait vanter ma beauté que je ne voudrais que tes doigts saisissant ma chevelure rebelle.  Le monde pourrait te dire étranger que je te voudrais mien. Je t’aime démesurément dans l’interdit, mon amour dépasse les liens sacrés mais je sens qu’Il ne m’interdit pas de t’aimer. Olfa, tu es immature, la vie ce n’est pas ça, la vie c’est se marier, avoir des enfants, avoir une vie stable. Je tangue sur des rivages gravés dans un monde de stabilité, je vais au boulot en titubant comme une alcoolique incomprise, loup-garou resté figé dans son apparence de paria à la lumière du jour. Toujours un peu trop passionnée, toujours un peu trop sensible dans ce monde où les apparences règnent, glorieusement !

Il ne faut pas l’aimer ! Il ne faut pas l’aimer ! Je psalmodie ces paroles d’êtres qui m’aiment, bien-pensants, bienfaisants !  Mais l’empreinte de ta main me ronge l’épaule comme un membre fantôme. Un peu de volonté, Olfa, tu es faible. Oui, oui, je sors ce soir avec des amis, on va se changer les idées. Et dans chaque éclat de sourire, il y aura  ce goût amer infligeant à l’espoir la désillusion des dépressifs.

A qui tu penses Olfa ? Je ne réponds même pas, ma gorge enserrée déglutit un grommèlement. Je dis « personne » mais personne ne sait … ça ne se dit pas qu’on aime, et ça se dit encore moins que je t’aime toi.

Et même le destin n’est pas assez costaud face à l’infortune que notre histoire incarne. Dans l’au-delà sinon ? Va pour l’au-delà, en attendant, j’aurai eu le temps de voir défiler mille saisons d’amour sans jamais voir éclore le bonheur…

2 réflexions au sujet de « Tu m’aimes en Dieu, ou tu m’aimes tout court? »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *